Le « timelapse », façon Osmo Pocket : un outil narratif efficace

Dans un reportage en prison, traduire l’ennui, la paresse du temps ou la claustrophobie d’un lieu peut s’avérer ardu. Mais un petit outil abordable est venu à notre secours : le Dji Osmo Pocket. Il nous a permis de transcender un effet wow en un procédé pertinent, au service d’un récit.

Nous avons réalisé récemment un documentaire sur la prison de Dinant, intitulé 9M2 , dans lequel nous décrivons le quotidien de la plus petite prison du royaume, tel qu’il est vécu par le personnel pénitentiaire et par les détenus. L’Osmo Pocket a été un outil crucial pour ce reportage.

Pour les lecteurs qui ne le connaissent pas, l’Osmo Pocket est une mini-caméra (HD, 4K) montée sur une nacelle motorisée à trois axes.

DJI Osmo Pocket

Ses utilisations sont multiples, comme par exemple les mouvements stabilisés. De nombreux groupes et sites décrivent en détail toutes ses applications. Mais deux possibilités nous intéressaient particulièrement dans ce cas précis : la motorisation, et la fonction timelapse.

Nous l’avons utilisé à différentes reprises, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de la prison.

En pratique, l’Osmo permet de programmer un mouvement de caméra parfaitement régulier entre plusieurs points (un panoramique horizontal, vertical ou oblique) et de prendre une photo à intervalle programmé. L’usage le plus pertinent, à mon sens était de traduire la taille de la cellule dans laquelle sont enfermés les détenus 22 heures sur 24. Deux par cellule. Hormis pour la promenade et la douche, ils ne la quittent pas. Nous avons été autorisé à placer notre Osmo Pocket dans la cellule, sur le bord de la fenêtre, et avec la complicité des détenus, nous leur avons demandé de se déplacer et d’agir comme sur une journée normale, en essayant de tenir compte de l’orientation de la caméra. Nous étions à l’extérieur de la cellule, et l’Osmo Pocket était piloté par tablette (les smartphones n’étant pas autorisés dans l’enceinte de la prison). A raison d’une image toutes les trois secondes, le plan a nécessité une dizaine de minutes de tournage. Le résultat est éloquent, et l’impact sur l’audience est redoutable : pendant quelques secondes, le spectateur partage un point de vue immersif inédit.

Il va de soi que les conditions de tournage dans une prison, pour d’évidentes raison de sécurité, ne permettent pas de longs réglages ou d’essais /erreurs. Il est donc impératif d’utiliser un matériel efficace, simple à mettre en œuvre, et fiable.

Deux autres timelapses ont été réalisés dans le « cellulaire » (une rotonde où se situent toutes les cellules.

En réponse aux « timelapses » dans la prison, des plans similaires dans la ville de Dinant faisaient écho à ce temps qui passe.

Il va de soi que ces « effets » prennent tout leur sens lorsqu’ils sont intégrés à un récit. Je vous invite donc à visionner l’ensemble du documentaire (20 petites minutes!) en cliquant ici: « 9m². Dans la plus petite prison du Royaume. »

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Philippe Palamin

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