A Rochefort, 1 habitant sur 4 est dans notre groupe Facebook

La télé locale Matélé fait le point après une année d’existence de ses 15 groupes Facebook communaux. Entre hyper engagement dans certains et interaction laborieuse dans d’autres, il n’y a pas de recette miracle.

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En janvier 2018, Matélé a lancé 15 groupes hyper locaux, un par commune couverte par notre télé locale.

Le but: pallier les effets négatifs du changement d’algorithme de Facebook sur notre fanpage, surfer sur un outil que Facebook avait annoncé vouloir développer, impliquer nos audiences dans la conversation.

> Lire aussi: « Réengager le public grâce aux groupes Facebook: le pari des télés locales pour remobiliser leur audience » par Meta-Media

> Lire aussi: « Matélé lance 15 groupes pour stimuler l’esprit communautaire« 

Assez rapidement, nous avons constaté de grandes différences d’état d’esprit d’une commune à l’autre, sans que nous puissions l’expliquer par des éléments concrets. Dans deux groupes, nous avons passé beaucoup de temps à « faire la police », à bannir des membres, à inventer de nouvelles règles, quitte à lasser certains habitants qui ont créé leur propre groupe « non censuré »…

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A force de patience et de pédagogie, les groupes les plus excessifs ont fini par trouver une voie plus calme mais où ne point pas l’esprit « communautaire » positif que nous encourageons.

Heureusement, la plupart des groupes connaissent un destin nettement plus enviable, comme le groupe « Rochefortoises, Rochefortois » qui a un taux de pénétration peu banal d’un habitant sur quatre et est devenue une vraie agora pour ses membres. Au point que les (rares) exclus du groupe vivent très mal cette mise à l’écart que nous n’appliquons que dans les cas les plus graves (insultes…) et appellent la rédaction au téléphone pour demander leur réintégration. Ma propre expérience m’incline à ne pas entrer dans ces dialogues assommants avec des trolls patentés et à mon estime « inamendables » mais d’autres membres de la rédaction prennent la peine d’entrer dans ces argumentaires et il est déjà arrivé que l’un ou l’autre soit réintégré (et parfois éjecté à nouveau quelque temps plus tard pour « récidive »).

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Comme dans nos autres groupes, les membres de « Rochefortoises, Rochefortois » peuvent partager tout contenu en lien avec la commune: demandes d’infos, appels à l’aide, annonces des activités des clubs et associations, débats divers, etc. A noter que d’autres groupes Facebook locaux, dont le très célèbre Wanted Community Paris, n’appliquent pas la même philosophie et acceptent les publications sans rapport avec le local.

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Au moment des élections communales, un membre nous a demandé s’il pouvait diffuser en Live, avec son smartphone, une rencontre électorale « hors partis et hors médias » qu’il organisait entre citoyens et candidats. Nous avons évidemment accepté: le passage IRL (in real life) est une des clés du succès d’une communauté virtuelle.

Ces tables rondes ont rassemblé une cinquantaine de personnes et ont été suivies en vidéo par 1.000 internautes. En voici quelques extraits:

Cela m’amène à souligner un point important de la gestion d’un groupe: la « marque » doit accepter de se mettre en retrait. Matélé a accepté qu’un débat « sans journalistes » se fasse sur son groupe, tout comme nous acceptons les publications d’autres médias locaux ou des liens vers des articles dautres sites que le nôtre. Nous estimons que si d’autres petits médias considèrent notre communauté comme incontournable pour s’adresser aux habitants locaux, nous avons gagné notre pari de constituer une communauté durable.

Ce dynamisme se retrouve dans les chiffres: le groupe génère par semaine 106 publications, 808 commentaires et 2.200 « likes ». 2.800 membres, sur 3.000, sont actifs sur le groupe chaque semaine. Cela demande une attention certaine de la part de la rédaction.

Chaque journaliste est « responsable » d’un ou plusieurs groupes qu’il est chargé de suivre d’un œil (l’autre étant rivé à la fois sur Insta, le site web, les stories de Fb, le relevé des mails… sans oublier la production télé). Autant dire que la réactivité sur les groupes n’est pas notre fort. Nous avons eu la bonne surprise alors d’être interpellé par un jeune Rochefortois qui nous a offert ses services comme modérateur, ce que nous avons rapidement mis en place…

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Cette candidature spontanée nous a incité à lancer un appel dans d’autres groupes et nous avons trouvé deux autres modérateurs dans notre arrondissement, qui veillent au grain quand nous ne sommes pas devant nos écrans. Nous allons poursuivre l’effort pour systématiser une modération collective de qualité. En parallèle, nous formons les clubs et associations à mieux maîtriser les outils « smartphone » pour proposer des contenus de meilleure qualité: photo, vidéo, live…

Objectif: renforcer le rôle des modérateurs des journalistes de Matélé en « audience voice reporters » chargés de monitorer et relayer les conversations de nos groupes, pour coller au plus près à la vie quotidienne de nos audiences.

Diederick Legrain

Lire plus: « Goodbye moderators, Hello « audience voice reporters » » par Lieman’s Lab

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