#tousàtable – le 9 décembre, le jour le plus long

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On m’a confié une mission impossible, celle de vous raconter la journée du 9 décembre, la journée la plus longue de l’année (pour Matélé, du moins), LA journée de #tousàtable.

Impossible, j’ai dit. Ils ont insisté. Alors voilà…

07:00 Début du premier Facebook live

Petit retour en arrière pour bien comprendre… Dans le cadre de l’opération numérique #tousàtable, nous avions lancé un défi à notre audience : créer la plus grande auberge espagnole connectée. En toute modestie, nous pouvons dire que le défi a été relevé au-delà de nos espérances. 47 auberges espagnoles ont été organisées un peu partout dans notre zone de diffusion et même plus loin.

Il restait évidemment à connecter ces auberges les unes aux autres. Pour ce faire, nous avions imaginé deux moyens. Le premier consistait à demander aux participants de poster des photos, des vidéos de leur auberge dans le groupe Facebook de l’opération. Nous avons rassemblé toutes ces contributions dans un storify. Le second moyen reposait sur nos épaules : les « Facebook live » des journalistes de Matélé.

On aurait pu faire simple. On aurait pu envoyer un journaliste dans chaque auberge et lui donner un horaire de passage. Toi, tu es en direct de 7h00 à 7h30, toi, de 7h31 à 8h00, etc. Simple, efficace et déjà testé ! Ce n’est pourtant pas la solution que nous avons retenue. Procéder de la sorte nous aurait obligés à « couper » le direct entre chaque auberge et n’aurait pas permis à deux journalistes présents dans deux auberges différentes de se parler.

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Nous avons choisi d’utiliser le système Hangout de Google que nous employons déjà pour les rendez-vous de midi et de diffuser la vidéo ainsi produite dans un Facebook live. Pour cela, nous avons utilisé le logiciel Wirecast qui permet de reprendre le signal vidéo du PC pour en faire un streaming injectable dans Facebook.

A 7h00, nous avons donc commencé le Facebook live du petit déjeuner avec deux journalistes à Ciney, une à Dinant, un à Anhée et un chef d’orchestre à la rédaction à Jemelle. Ce dernier vous raconte cette aventure dans un autre article du blog.

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Auberge espagnole à Dinant (Photo : Bertrand Detal, contributeur de #tousàtable)

09:30 Les contributeurs à l’honneur

Demander aux internautes de contribuer, c’est bien, mais que fait-on de ces contributions ?

Je l’ai déjà évoqué, nous avons collecté toutes ces contributions (la grande majorité en tous cas) dans un Storify. Ce service permet de rassembler dans un même fil info des contributions provenant de sources différentes (Facebook, Twitter, Instagram…). Soyons honnêtes, l’énorme majorité des contributions venaient de Facebook. En temps normal, nous sommes plus présents sur ce réseau que sur les deux autres. Nous avons créé notre compte Instagram en octobre et nous ne l’avons pas (encore ?) vraiment exploité. Sur Twitter, nous comptons 1266 abonnés, là où nous en avons plus de 11.000 sur Facebook. Pour l’opération #tousàtable, nous avons tout naturellement plus investi sur Facebook que sur les deux autres réseaux. C’est pourquoi, il paraît logique que les contributions viennent plutôt de là.

Ce jour-là, le fil info « Storify » devait permettre à ceux qui nous rejoignaient en cours de journée de consulter ce qui avait déjà été publié. Par la suite, il a essentiellement vocation à nous servir d’archivage.

Ce qui est plus intéressant d’un point de vue journalistique est l’intégration des contributions des internautes dans de « vrais » articles signés de journalistes de Matélé. Une des ambitions de #tousàtable, avant même que l’opération ne porte ce nom, était de développer cette synergie entre contributeurs-citoyens et journalistes pour nous permettre de raconter ensemble l’information locale.

Nous sommes bien obligés de constater que le 9 décembre, nous avons reçu peu de contributions avec du contenu pouvant servir de base à un article. Peu ne veut pas dire aucune. Nous avons, par exemple, écrit un article « Les auberges ont du cœur »sur deux auberges espagnoles qui donnaient le surplus de leur buffet aux personnes dans le besoin.

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Le post à l’origine de l’article « Les auberges ont du coeur »

Par contre, dans la période qui a précédé la journée du 9 décembre, nous avons eu des contributions et des débats (via les commentaires) très intéressants sur le thème de l’alimenttion. Ceux-ci ont débouché sur des articles postés « en natif » sur Facebook (à lire ici et ) ou sur des sujets télé.

A retenir :

  1. Les contributions « éditorialement » intéressantes naissent rarement spontanément. Elles doivent être suscitées par des débats lancés par les journalistes « maison ».
  2. Mieux vaut un bon texte qu’une mauvaise vidéo. Inciter ses contributeurs à envoyer des vidéos voire des montages vidéo titrés n’est pas la meilleure manière d’obtenir du contenu « utilisable » journalistiquement.

11:30 Début du deuxième Facebook live

La rédaction prend des allures de fourmilière et depuis le matin, la moyenne d’âge des personnes qui y circulent a considérablement baissé. En cause, une dizaine d’étudiants en journalisme de l’IHECS sont venus renforcer l’équipe.

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Sébastien Baillet, étudiant à l’IHECS, découvre les joies du journalisme de studio

Les étudiants de l’IHECS ont exploré le thème de l’alimentation pendant les semaines qui ont précédé #tousàtable. Leurs articles ont été publiés dans le Bruxelles Bondy Blog et dans le groupe Facebook #tousàtable.

Le 9 décembre, une partie des étudiants a travaillé sur l’opération elle-même pour produire un format-long intitulé « #tousàtable, l’initiative de Matélé qui réinvente la télévision locale » et constitué de textes et de vidéos.

L’autre partie a participé à notre émission du soir (voir plus loin).

Pourquoi avoir invité des étudiants à participer à l’aventure ? Les mauvaises langues diront que c’est pour avoir des renforts gratuits. Elles auront tort, comme souvent. D’une part, nous n’avons pas récupéré les contenus produits par les étudiants pour en faire des articles étiquetés « Matélé ». D’autre part, l’intégration des étudiants à notre émission spéciale a demandé de notre part (comme de la leur) beaucoup d’énergie et de temps.

Alors pourquoi ?

Nous voulions échanger avec la jeune génération, avec ceux qui n’ont jamais connu le monde sans Internet, avec ceux qui ont grandi entre Facebook et Instagram, avec ceux qui étudient le journalisme web. Sans vouloir jouer les vieux cons, à la rédaction de Matélé, personne n’a eu de travaux pratiques sur le journalisme numérique lors de ses études. #tousàtable, opération numérique, constituait une occasion rêvée de confronter nos idées sur l’évolution du métier avec les plus jeunes.

Voilà ce que les jeunes ont notamment écrit sur #tousàtable :

Le journalisme est secoué par la révolution numérique. Il doit sans cesse s’adapter aux nouvelles avancées technologiques. Il doit être modelé à toutes les sauces, pour tous les goûts. Les codes et formats de narration évoluent presque quotidiennement et il est parfois difficile de suivre la cadence pour certains usagers.

Le journalisme de demain passe notamment par le MoJo, acronyme de Mobile Journalism. En décidant de passer totalement au numérique, Matélé a fait le choix de se passer de « grosses » caméras le temps d’une journée. Armés simplement de smartphones, les équipes ont multiplié les couvertures dans les différentes auberges espagnoles tout au long de la journée.

Avec l’avènement des smartphones, micro-caméras et autres objets de prise d’images, les formats ont évolué. Le panoramique d’antan a laissé place à des images à 180° voire 360°. Ces nouveaux formats d’images innovent et réinventent les codes traditionnels de la télévision. Ils font appel à de nouveaux supports pour être visionnés, que ce soit sur internet ou grâce à la réalité virtuelle.

16:00 Temps mort

Non, je plaisante. Il n’y a pas eu de temps mort.

Ce 9 décembre, notre page Facebook a été considérée comme un canal de diffusion à part entière au même titre que notre site web et notre antenne. Toute la journée, nous y avons diffusé en « natif » (directement téléchargé sur la page Facebook) nos réalisations estampillées #tousàtable (ici, ici, ici et encore ici)

Nous avons aussi publié des albums photo avec les contributions des membres du groupe Facebook, des vidéos qui compilaient celles des contributeurs, des photos pour remercier ou encourager les abonnés à participer.

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Photo de contributeur (Julie Verslype) reprise sur notre page Facebook

Cela faisait beaucoup. Trop, assurément.

Nos publications se sont un peu « annulées » entre elles. Et si les statistiques de cette journée pour notre page Facebook sont meilleures que celles d’un jour normal, elles ne crèvent pas non plus le plafond. Le 9 décembre, on compte 14.592 interactions avec la page, la moyenne se situant autour de 3.500 – 4.000 interactions.

17:30 Début du dernier Facebook live

18:00 Hacking de l’antenne télé

Depuis les premières réunions autour de cette journée 100% numérique, une question nous taraude : que fait-on de l’antenne télé ? L’option « écran noir » a été évoquée mais elle aurait laissé sur le bord du chemin nos téléspectateurs les moins connectés. Or, nous voulions inclure le plus grand nombre, faire découvrir à ceux qui sont nés avant la création du journal télévisé qu’Internet n’est pas le monstre de Loch Ness qu’ils imaginent. Pour cela, il  fallait aller les chercher où ils sont, devant leur écran de télé.

Nous avons donc réalisé une émission de télé sans respecter les codes habituels de la télé.

Quelques secondes seulement après le lancement de l’Actu, un personnage factice portant un masque à l’image du collectif pirate « Anonymous » simule le hacking de l’antenne: « La révolution numérique, c’est maintenant!

Pendant 3 heures, en direct, une journaliste de Matélé, des étudiants en journalisme et Patrick Séverin (l’auteur de plusieurs reportages transmédia dont Les Nouveaux Pauvres) sont revenus sur la révolution numérique que vivent actuellement les médias et sur la nécessité d’inclure le citoyen dans la démarche journalistique.

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Capture d’écran de l’émission télé

Si le fond était résolument tourné vers les nouveaux modes de communication, nous avons voulu que la forme le soit aussi. Il n’y avait pas d’invités sur notre plateau. Les intervenants ont pris la parole via FaceTime ou Hangout.

Et là, nous avons mesuré les limites de notre bande passante (5 Mbps en upload et 30 Mbps en download). Imaginez 1 journaliste connecté via Hangout pour les Facebook live dans les auberges, 10 étudiants qui postent des photos et des vidéos, 2 community managers qui animent le groupe Fb #tousàtable et la page Fb de Matélé, 6 personnes sur le plateau qui surfent et lancent des appels vidéo, plus tous ceux qui discrètement, dans la salle de rédaction, avaient ouvert une fenêtre de leur navigateur pour suivre l’émission en streaming. Comme on dit, « ça a ramé ». Pas de coupure, fort heureusement, mais beaucoup de ralentissements. Au point que notre chef tech a dû faire la police et interdire tout visionnage de l’émission en streaming !

Note pour la prochaine fois : si tu veux tout miser sur le web, assure-toi d’avoir la bande passante nécessaire…

21:00 Fin du hacking

21:30 Fin du dernier Facebook live

Ouf.

Céline Sérusiaux

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2 réflexions sur « #tousàtable – le 9 décembre, le jour le plus long »

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