Visite virtuelle à 360°: un nouvel outil pour les médias

abbaye3601b.pngLe projet #tousàtable est une opportunité pour le média « traditionnel » que nous sommes de repousser les balises confortables de la télévision et de s’aventurer sur les formats novateurs du web.

Intrigués (voire impressionnés) par une expérience à 360 ° de Nicolas Becquet et Mélanie Noiret dans l’Echo (le récit d’un architecte autour de la transformation de Charleroi), nous décidons de relever le défi d’une visite virtuelle non-linéaire :

  • virtuelle : l’internaute est littéralement plongé (quasi physiquement) dans l’univers du sujet.
  • non-linéaire : le visiteur est libre de naviguer selon son gré, sans devoir respecter la narration linéaire d’un reportage vidéo traditionnel.

Pourquoi ce format ? Au delà du caractère spectaculaire (mais souvent gratuit) des prises de vue à 360°, nous avons envie d’explorer de nouvelles voies en exploitant simultanément photos sphériques, photos «planes »,  sons, musiques et vidéos, dans une seule expérience immersive. La visite, c’est par ici !

Le sujet :

Opération #tousàtable oblige, le lieu à visiter doit avoir un lien avec 1) l’alimentation 2) la région.

Rochefort + Trappiste = Abbaye : le raccourci est facile et nous décidons de le prendre. L’abbaye est un lieu mystérieux et magnifique, aux décors riches et variés. Quant à la Trappiste, point n’est besoin de rappeler ses qualités houblonnées et sa notoriété planétaire. La promesse que nous faisons à l’internaute : «  Devenez brasseur de trappiste le temps d’une plongée à 360 degrés ! »

degustation.jpg

Les outils :

Le logiciel, au cœur du projet

Nicolas Becquet avait opté pour une version premium de Thinglink, qui offre de nombreuses possibilités mais présente un inconvénient non négligeable pour une petite structure : son coût (1500 dollars … annuels) Sur les conseil d’Hervé Verloes, nous avons évalué la solution éditée par Gopro : Kolor Panotour, dans sa version pro. Il s’agit d’un vrai logiciel (et pas d’un service hébergé, comme Thinglink) qui compile et organise tous les médias, puis génère le code html5 de la visite.

PanotourInterface.png

L’acquisition 360

Pour ce qui est de la caméra 360, nous disposons d’une Ricoh Theta S, pilotée par une application Android. La définition HD (1920×1080) de la Ricoh en mode vidéo est « faiblarde » pour des projets 360, par contre la résolution en mode photo (5376×2688) est convenable … et c’est celle qui nous intéresse !

IMG_1095.JPG

Pourquoi la résolution HD est-elle faible en 360° ?

Dans une vision sphérique, que ce soit sur un écran ou dans un casque de réalité virtuelle, nous ne regardons qu’une partie de l’image (selon le facteur de zoom). La résolution affichée dans cette fenêtre n’est donc qu’une fraction de la résolution totale de la sphère.

2000px-Sphere_wireframe_15deg_3r.svg.jpg

L’acquisition des vidéos et du son

Nous allons tourner les interviews avec une caméra de poing classique, même si nous ne conserverons que le son. Certaines « photos » de la visite seront tirées de ces prises de vues. La même caméra sert également à réaliser des petits clips vidéos, qui insufflent une touche dynamique à l’intérieur des photos statiques : intéressant pour montrer un « process ». L’acquisition du son pourrait-être réalisée au moyen d’un enregistreur autonome type « Zoom »ou « Tascam »

Le son

Le son sera une composante essentielle pour la qualité de l’immersion : la voix chaleureuse de Frère Pierre accompagne le visiteur, mais elle n’est pas seule. Des musiques, des ambiances et des effets sonores composent une bande-son à part entière. Tout cela sera monté et mixé dans un logiciel d’édition multi-pistes.

auditionpc2.jpg

La création du projet

Premier projet oblige, nous partons un peu à l’aventure. Mais le premier constat s’impose très vite : plus encore que pour un tournage, une visite interactive mêlant prises de vue photographiques, vidéos, sons requiert de la pla-ni-fi-ca-tion !

Compte tenu de notre inexpérience, nous organisons une première visite de repérage, avec la caméra 360.

Lister : de quoi aura-t-on besoin pour raconter cette visite, quels éléments mettra-t-on en valeur (l’histoire de l’abbaye ? les frères trappistes ? la bière ? …) La multiplicité des possibilités nécessite d’autant plus de rigueur.

En pratique :

Après le repérage, nous pouvons aller droit au but. La prise de vue des photos sphériques se fait plutôt rapidement. La caméra Ricoh Theta S dispose d’un mode automatique et d’un mode manuel (balance des blancs, obturation, sensibilité), sur base des essais en repérages, nous optons lâchement pour le mode automatique, en s’autorisant les petites retouches nécessaires en post-production. En gagnant en confiance, nous envisagerons pour les futurs projets de photographier en mode manuel, mais pour l’instant, c’est priorité à la sécurité.

Nous ne disposons que d’un pied photo ordinaire et la caméra 360 capture toute la sphère visible, sauf elle-même, mais AVEC le pied bien sûr. étant situé sous la caméra, il apparaît au nadir de l’image 360 (le point le plus bas de la sphère, opposé au zénith)

nadir2.jpg

Le support de la caméra sera recouvert par un logo lors de la création de la visite panoramique.

Cela va sans dire, mais cela va encore mieux en le disant : comme pour le pied, la caméra 360 capture TOUT et le photographe ne fait pas exception. Il convient de se planquer derrière un arbre, un meuble, ou un bâtiment …

IMG_1088.JPG

Comme la préparation du « tournage », l’utilisation du logiciel Panotour Pro requiert de l’organisation. Il faut définir précisément la hiérarchie des liens d’un lieu à l’autre, afin de préparer les images en y insérant des portes d’accès.

navigation2.gif

Et le résultat dans Panotour :

PanotourLiaisons.png

Les « points chauds » (hotspots) de Panotour, qui permettent de déclencher une action, n’affichent une infobulle que dans le cas d’un survol à la souris, ce qui ne fonctionne que sur ordinateur. Pour assurer une meilleure compatibilité avec les smartphones et tablettes, nous décidons d’écrire « en dur », dans l’image d’origine, le nom des différentes possibilités de navigation. Dans notre cas, celle-ci tente de susciter la meilleure expérience utilisateur.

PanotourVisite.png

Règles de navigation à tenir en compte

  • Respect de la liberté du visiteur : même si un ordre et un séquençage logique de la visite sont induits dans l’interface , l’utilisateur reste libre de ne pas le respecter, de sauter une étape, de revenir en arrière ou de courir à la dernière étape.
  • Respect du tempo ne pas imposer au passager virtuel de suivre une vidéo de trois minutes mais lui permettre de picorer les infos selon son gré. Vidéo d’ambiance en boucle plutôt que structurées avec interview in ou longues…
  • Le son est moins intrusif que le vidéo dans la mesure où il ne force pas le regard : on peut écouter tout en regardant tout autour de soi.
  • Les photos sont aussi une façon douce de documenter la visite, elle sont très simples à intégrer dans l’univers sphérique. Dans notre cas elles sont aussi les meilleurs documents capables de voyager dans … le temps !

Conclusion (provisoire !)

Nous n’avons évidemment concrétisé qu’une petite partie de nos envies et du potentiel de ce format. L’expérience est enthousiasmante tant pour les visiteurs que pour les auteurs et les codes de ces explorations immersives restent à affiner. Reste à offrir des contenus à la hauteur du potentiel technique.

Anne Pirson & Philippe Palamin.

abbayeearth

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s